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La misandrie tue le féminisme « A bat les hommes, vive les femmes » !

La misandrie tue le féminisme. Le combat pour l’égalité des sexes doit-il sacrifier les hommes pour défendre les femmes ? Certains groupes féministes comme le mouvement 4B semblent le penser et s’égarent dans une guerre des sexes qui divise plus qu’elle ne rassemble. Longtemps, je me suis reconnue dans le féminisme et ses luttes pour l’égalité. Mais aujourd’hui, je peine à adhérer à ces courants qui confondent défense des droits des femmes et exclusion systématique des hommes. Je vous explique pourquoi.

Un groupement féministe a émergé avec l’élection de Donald Trump à la présidentielle des Etats-Unis en novembre 2024 : le mouvement 4NO inspiré du coréen 4B.

Quel est ce mouvement féministe et pourquoi veut-il éliminer les hommes de la vie des femmes ?

Qu’est-ce que le mouvement 4B ?

Le mouvement 4B est un mouvement féministe qui prend sa source dans les années 2010 en Corée du Sud. Les femmes qui y adhèrent suivent 4 règles strictes:

  1. Pas de mariage avec un homme (bihon en coréen)
  2. Pas de relation amoureuse avec un homme (biyeonae en coréen)
  3. Pas de relation sexuelle avec un homme (bisekseu en coréen)
  4. Pas d’enfant avec un homme (bichulsan en coréen)

Pour résumer, ces femmes prônent une exclusion totale des hommes hétérosexuels de leur vie.

Pourquoi le mouvement 4B est né en Corée du Sud ?

Tout d’abord, ce rejet des hommes naît dans une Corée du Sud marquée par de profondes inégalités entre les sexes. Prenons pour preuve l’écart de salaire en 2021 entre les hommes et les femmes. En Corée de Sud il était de 31,1% alors qu’aux Etats-Unis et en France il est respectivement de 16,9% et 14,1%.

Ensuite, les violences faites aux femmes y sont légion. Les féminicides seraient effectivement de 89% en Corée du Sud contre 50% aux Etats-Unis selon un communique de Radio France.

Dans ce contexte, certaines Coréennes perçoivent le boycott des hommes comme une réponse à un système profondément patriarcal, où les femmes sont régulièrement victimes de discrimination et de violence.

Du mouvement 4B coréen au mouvement 4NO américain

En 2024, le 4B traverse les frontières pour devenir le mouvement 4NO aux Etats-Unis. Il est porté par la réélection de Donald Trump à la présidence qui s’est faite malgré des accusations d’agression sexuelle. Le mouvement 4NO se propage alors rapidement, grâce à TikTok notamment. Des vidéos virales appellent à l’exclusion des hommes hétérosexuels de la vie des femmes.

En Corée, le mouvement 4B s’explique par des inégalités persistantes. Mais en Occident, où les droits des femmes progressent, ce radicalisme soulève une question : Vivons-nous encore dans une société patriarcale ?

Le féminisme clame depuis toujours que les femmes évoluent dans une société patriarcale. Est-ce toujours le cas en occident et la réponse réside-t-elle dans une société matriarcale ?

D’une société patriarcale à une société égalitaire

Effectivement, le pouvoir a longtemps été masculin. Ce sont les hommes qui faisaient les lois, eux qui écrivaient les règles sociétales, eux qui gouvernés. Les femmes étaient contraintes. Tout d’abord par leurs pères ensuite par leurs maris. La place de la femme était celle que voulait bien lui laisser les hommes, celle de fille, d’épouse puis de mère. En dehors de ces fonctions-là elle n’a pas d’existence propre.

Aujourd’hui, en occident, une femme ne se limite pas à sa position d’épouse et de mère. D’ailleurs, les femmes deviennent de moins en moins des épouses. Le nombre de mariages ne cesse de baisser depuis 1972 alors que le nombre de divorces augmente comme le montre l’infographie de l’Insee sur les mariages.

Les femmes deviennent de moins en moins mères également, en effet en France :

Les femmes ont désormais le choix de se marier ou non, de faire des enfants ou non.

Bien entendu, la place des femmes dans la société diffère selon les pays, néanmoins, en occident, la société n’a jamais été aussi égalitaire.

Parler de société patriarcale en Occident semble donc peu pertinent, mais est-on dans une société égalitaire ?

D’une société inégalitaire à une société matriarcale

Le salaire a longtemps été LA référence pour mesurer l’égalité entre les hommes et les femmes. En 2022, à temps de travail et poste identiques, les femmes gagnent 4% de moins que leurs homologues masculins selon l’Insee. Est-ce égalitaire ? Non, mais je pense qu’il faut prendre conscience qu’une société pleinement égalitaire est difficilement envisageable. Il y a et il y aura toujours des différences. L’égalité parfaite n’existe pas car les inégalités sont trop nombreuses, parmi elles :

  • Age : On entend de plus en plus parler d’âgisme qui est définit par l’OMS comme : L’âgisme regroupe les stéréotypes (la façon d’envisager l’âge), les préjugés (ce qu’inspire l’âge) et la discrimination (la façon de se comporter), dont on est soi-même victime ou dont autrui est victime en raison de l’âge.
  • Physique : Vous avez peut-être entendu parler du Pretty Privilege qui fait que les belles personnes accèdent à plus de privilèges que les autres.
  • Argent : L’argent est un facteur souvent oublié lorsqu’on avance le concept de méritocratie alors qu’il a une influence importante sur la réussite : accès à certaines écoles, meilleur cadre de travail, soutien financier des parents qui permet de ne pas avoir à travailler en parallèle des études et d’accéder à plus de ressources culturelles, à un réseau…
  • Religion : les discriminations liées à la religion même si elle est pénalement condamnable existe toujours et est parfois difficile à mesurer

Difficile d’imaginer une égalité pleine et entière entre les hommes et les femmes dans un monde inégalitaire. Bien entendu, des progrès restent possibles et le féminisme doit donc s’efforcer de garantir les droits des femmes, cependant ni le patriarcat, ni le matriarcat n’effaceront les inégalités.

La misandrie féministe face à la misogynie masculiniste

Malgré les progrès réalisés au niveau des droits des femmes, et de l’égalité entre les sexes, des mouvements radicaux semblent émerger du côté des femmes comme du côté des hommes.

D’un côté, des voix féminines veulent inverser la donne et aller au-delà de la seule volonté égalitaire pour prendre le pouvoir en éliminant les hommes. C’est l’émergence d’une discrimination inversée.

D’un autre côté, des voix masculines suggèrent que les femmes auraient déjà pris le pouvoir et émasculeraient les hommes, d’où la nécessité de reprendre le pouvoir et de soumettre les femmes. C’est le retour en force du sexisme.

Mon féminisme soutient le droit des femmes sans être hostile aux hommes.

Le féminisme est à poil

Depuis une dizaine d’années je ne me je ne me reconnais plus dans les combats menés par les féministes. Le désamour a débuté avec les débats sans fin autour de la pilosité des femmes qui hérissaient les miens : pour ou contre le port du poil sous les aisselles ? Choisissez votre camp. Le poil aux pattes comme un étendard brandit comme autrefois le soutien-gorge. Je ne comprenais pas leur revendication. Était-ce le droit le droit de porter le poil, une résistance face à l’épilation ou la normalisation des poils chez les femmes ? Dans ce cas, normalisons les poils dans le dos chez les hommes et normalisons aussi la masculinité imberbe. Le débat est à la fois insignifiant et stérile. Nous parlons d’un choix individuel et non d’un combat pour un droit.

Il s’agit d’une injonction sociétale, me direz-vous. Oui, effectivement, mais ce sont justement les codes sociétaux qui construisent une société et son identité. Chacun est ensuite libre de les suivre ou non, cela relève de la liberté individuelle comme pour le port du voile.

Le féminisme met les voiles

Les féministes se sont longtemps opposées au port du voile. Pour elles, le voile était le symbole de l’oppression des hommes sur les femmes. Et puis, de nouvelles voix ont commencées à le défendre. Pour être féministe, il fallait désormais être pour, et plus contre.

Si je suis pour la liberté de culte, elle me semble tout de même avoir une limite : la laïcité. Ce point me paraît parfois oublié du féminisme radical. N’oublions pas que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Doit-on remettre en question la laïcité au nom de la liberté individuelle ?

Ces débats sur la pilosité ou le port du voile, relèvent donc de la liberté individuelle et pas des luttes féministes fondamentales. Mon féminisme a commencé à se taire à ce moment-là et il a été définitivement réduit au silence par les mouvements appelant au boycott des hommes.

Faut-il détester les hommes pour être féministe ?

Aujourd’hui pour être une vraie féministe, il faut boycotter les hommes voire les détester. En quoi se passer de 50% des êtres humains rendra les femmes plus libres ? Le rejet masculin est-il la réponse à l’antiféminisme ? « Tous des S*** ! ». « Toutes des P*** ! ». Le bannissement systématique des hommes est tout aussi laid que le mépris pour les femmes. Le féminisme radical prend le risque de nourrir le masculinisme en utilisant ses codes.

Mon féministe loin du militantisme

Pour moi, l’égalité entre les hommes et les femmes est la base d’une société saine ? c’est la raison pour laquelle je me considère comme féministe. J’ai toujours relevé les réflexions sexistes, loué la liberté de la femme et revendiqué l’égalité entre les sexes. J’ai toujours appliqué cette égalité au sein de mon couple et je la transmets aujourd’hui à mes fils.

En revanche, je ne suis pas une militante dans l’âme. Mon féminisme est plus discret, moins visible, moins bruyant. Il s’inscrit dans le quotidien loin des manifestations ou des slogans radicaux.

Il lutte pour :

  • L’égalité salariale
  • Le partage de la charge mentale
  • La protection des droits et des libertés des femmes
  • Une société égalitaire

Il condamne :

Mon féminisme lutte au côté des femmes sans combattre les hommes

Je crois en un féminisme qui lutte pour les femmes sans exclure les hommes. Je crois à un féminisme de chaque jour qui rejette à la fois les oppressions patriarcales et les dérives matriarcales.

Non, je ne suis pas de celles qui considèrent que l’on peut se passer des hommes encore moins que l’on DOIT se passer d’eux. Pourquoi ? Parce j’ai été élevé par l’un d’eux, j’ai aimé certains d’entre eux, je partage ma vie avec l’un d’eux. Et aussi, parce que j’ai porté et élevé deux garçons, qui grandissent et deviendront, eux aussi, des hommes. J’aime certains hommes et en détestent d’autres.

Oui, les réflexions misogynes me heurtent toujours.  Le manque de considération pour les femmes me scandalise. Les paroles sexistes me blessent encore. Les violences faites aux femmes me révoltent.  

Alors, à la question, suis-je toujours féministe. Je réponds oui. Oui, je suis féministe. Je suis pour l’égalité des sexes, pour la liberté des femmes, pour le respect des droits des femmes.

Le féminisme radical se rapproche dangereusement du masculinisme qu’elle condamne. Seules les armes changent. Hier, les féministes brûlaient leurs soutien-gorge, demain les masculinistes bruleront leurs slips. Pour continuer à exister le féminisme devra peut-être apprendre la modération et l’inclusion pour éviter de nourrir un masculinisme toxique et dangereux.

Pour survivre, le féminisme doit se recentrer sur son essence : défendre les droits des femmes tout en construisant une société où les deux sexes cohabitent dans le respect et l’équité.

Papotons ensemble : Pensez-vous que le féminisme passe par le rejet des hommes ?

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