Uncategorized

Quarante ans chez une femme, l’âge de tous les possibles

Un jour j’ai eu quarante ans et depuis que s’est-il passé ? Eh bien rien. Depuis, rien n’a changé parce que ce jour-là, j’ai décidé d’arrêter de compter. J’aurais donc quarante ans jusqu’à la prochaine dizaine. Pourquoi ? Parce que je n’avais plus à comptabiliser les années passées et celles qui me restaient. En effet, j’étais pile au milieu. J’étais au carrefour entre la nostalgie d’une jeunesse passée et d’un avenir encore plein de promesses.

A quarante ans, une femme n’est pas vieille, mais, elle n’est plus tout à fait jeune non plus. Ne nous leurrons pas. Nous nous trouvons quelque part entre les deux. Et dans cet entre-deux, se niche l’âge de tous les possibles. Cet âge où nous pouvons être jeune maman, mère d’adolescents ou d’adultes et même grand-mère.

Alors, qui sont les femmes de quarante ans d’aujourd’hui ? Qui sommes-nous ?

Vieillir avec grâce… et quelques ruses

À quarante ans, nous répétons à qui veut l’entendre que l’âge, c’est dans la tête. Nous remarquons tout de même les marques du temps. Sur notre visage, les rides au coin des yeux sont plus marquées. Sur notre corps, les petits bourrelets deviennent tenaces. Dans notre corps, parfois, de petites raideurs matinales font leur apparition.

Avoir quarante ans, c’est accepter son âge. C’est aussi plaquer nos mains sur nos joues et tirer en arrière pour retrouver le visage de nos trente ans. Nous ne choisissons plus une simple crème hydratante. Nous composons une routine de soins contre: les rides, la perte de fermeté, le relâchement cutané, les tâches, bref un protocole complet anti vieille peau.

À l’aise avec notre corps nous avons cependant compris que la gravité n’était pas notre meilleure amie. C’est pourquoi, sur un selfie comme au lit mieux vaut être vue d’en haut.

Nous assumons les années qui passent. Nous acceptons nos pattes d’oie, nos cheveux blancs, nos kilos en plus, mais nous craignons également de vieillir. Pourquoi ne pas donner un petit coup de pouce à la nature, en procédant à quelques injections ici et là ?

Une femme de vingt ans…fois deux

Les femmes de quarante ans deviennent nostalgiques. Nous regardons les vidéos des pubs des années 80 et 90 avec un petit pincement au cœur. Nous repensons le cœur serré à notre premier amour de lycée et nous éprouvons une douce mélancolie au souvenir de nos années étudiantes. Parfois, nous regrettons l’insouciance de notre jeunesse et nous luttons contre l’envie de soupirer, comme les « vieux » un « C’était mieux avant ! » et « À mon époque… ».

Nous nous déhanchons encore dès les premières notes de la macarena et nous connaissons toujours par cœur les paroles de la chanson de Larusso « Tu m’oublieras ». Mais nous n’oublions pas qu’aujourd’hui nous n’avons plus vingt ans, mais deux fois vingt ans, comme le chante Lorie.

À la quarantaine nous nous sentons encore jeunes, pourtant, quelquefois, nous nous surprenons à penser que : » nous sommes trop vieilles pour », que « ce n’est plus de notre âge », que « nous n’avons plus l’âge pour ça » parce que « c’est trop tard ». Est-ce vraiment le cas ?

À quarante ans, si nous ne faisons plus partie des jeunes et bien, nous ne faisons pas encore partie des vieilles. Quarante ans c’est le milieu de vie pour une femme.

En 2023, l’espérance de vie selon l’Insee, est de 85,7 ans chez les femmes. La quarantaine marque bien le milieu de notre vie, c’est donc une période charnière propice au bilan.

Avoir quarante ans c’est imaginer ce qu’aurait pu être notre vie si…

Avoir quarante ans, c’est se retourner sur ce que nous avons accompli jusque-là. Nous nous souvenons du passé avec des regrets, parfois même des remords et nous demandons :

  • Et si je pouvais tout recommencer ?
  • Est-ce que je reproduirais tout à l’identique ?
  • Est-ce que j’apporterais quelques retouches ?
  • Est-ce que je procéderais à une transformation totale. Et si…

La quarantaine est le moment propice pour réaliser l’inventaire de notre vie, établir un état des lieux que l’on associe souvent à la crise de la quarantaine ou crise du milieu de vie. Nous nous questionnons, « on fait l’bilan, calmement, en s’remémorant chaque instant », nous regardons les années passées et nous ne voulons plus gâcher une seule minute du temps qui nous reste, parce tout est encore possible à quarante ans.

Avoir quarante ans c’est imaginer ce que pourrait être notre vie si…

La quarantaine est une phase de questionnement pour les femmes. Nous nous demandons quelle orientation nous voulons donner à la seconde moitié de notre vie. Si trois ans est l’âge des « pourquoi », quarante ans est l’âge des « pourquoi pas ». Nous nous autorisons enfin à concrétiser les envies et les projets que nous avions gardé dans un coin de notre tête en nous disant « pas maintenant », « ce n’est pas le moment ». Tout tout à coup la quarantaine nous libère, alors, pourquoi pas :

  • Monter sa propre entreprise ou changer d’orientation professionnelle
  • Faire un bébé 
  • Apprendre à jouer du piano
  • Déménager, voyager ou s’expatrier à l’autre bout du monde
  • S’inscrire dans un club ou une salle de sport
  • Se séparer et retrouver sa liberté

Et pourquoi pas, ne rien changer du tout.

Nous étions une petite fille puis une jeune femme, nous serons une vieille dame mais pour l’instant nous pouvons être tout ce que nous voulons.

Une femme a longtemps été considérée comme « périmée » à quarante ans, soit elle était mariée et mère, soit elle n’était rien. Désormais, à quarante ans est certainement le seul âge où une femme peut tout être.

Les féministes ce sont battues pour que nous ayons les mêmes droits que les hommes. C’est grâce au féminisme que la femme de quarante ans est plus libre que jamais. Même si j’ai l’impression que ce féminisme est mort au profit d’un féminisme trop radical, je reste féministe, à ma façon.

L’amour à quarante ans : en couple ou en solo mais libre

Aujourd’hui, une femme de quarante ans, non mariée n’est plus une exception. Parfois elle l’est, parfois elle est pacsée ou simplement en union libre.

La femme de quarante ans est séparée ou divorcée. C’est un choix libérateur ou une rupture douloureuse. C’est un échec ou une renaissance.

La femme de quarante ans est célibataire, sa carrière a toujours été au centre de sa vie, elle n’a pas vu le temps filer, elle n’a peut-être pas rencontré la bonne personne, trop de déceptions aussi. Et puis, le couple c’est compliqué et elle tient (trop) à sa liberté.

La maternité à quarante ans, pourquoi ou pourquoi pas ?

La femme de quarante ans est mère. Ses enfants quittent le nid, elle est heureuse de se délester d’une partie de cette charge mentale qui incombe bien souvent aux femmes. Ou alors, elle est effondrée de délaisser ce rôle de mère dans lequel elle s’est épanouie. Elle revêt parfois le costume de grand-mère avec joie ou abattement.

La femme de quarante ans est enceinte de son premier ou de son dernier enfant. Dans tous les cas, il faut faire face aux précautions réservées aux grossesses tardives, celles que le monde médical qualifie de gériatriques. Gériatrique, quel terme affreux adjectif qu’on allie plus facilement aux protections contre l’incontinence qu’aux couches Pampers. C’est aussi une jeune maman qui tente de trouver ou retrouver ses marques avec un nouveau-né dans les bras.

Alors que la génération de nos parents concevait difficilement d’avoir un enfant après quarante ans désormais, il est courant qu’une femme devienne mère à cet âge. En effet, entre 1976 et 1990, le taux de fécondité des femmes âgées de 40 à 50 ans était au plus bas : en dessous de 4% (4 enfants pour 100 femmes). Par la suite, le taux de fécondité des quadras n’a cessé d’augmenter pour passer la barre des 10% en 2019 comme le montrent les statistiques Insee sur la fécondité des femmes de 40 ans.

La quadragénaire n’a pas d’enfant, parfois par choix, parfois non. Elle a tout fait pour l’être ou au contraire tout fait pour ne jamais le devenir. Peut-être qu’elle ne peut pas ou plus avoir d’enfant. Parfois c’est à cause d’une maladie et parfois de la ménopause qui approche ou s’est déjà installée.

Une carrière à quarante ans, entre reconversion et nouvelles opportunités

La femme de quarante ans travaille, en tant que salariée ou cheffe d’entreprise. Elle change de profession, se reconvertit ou monte sa propre boîte. Elle s’arrête parfois de travailler pour reprendre ses études, suivre une formation.

La femme de quarante ans est mère au foyer, elle ne s’identifie ni au mouvement Trad Wife des réseaux sociaux ni aux Desperate Housewives des années, elle est simplement comblée par son choix de vie.

À quarante ans, les enfants sont grands, ils ont parfois quitté le nid et mènent une vie active, par conséquent, libérée de ses obligations familiales, une femme de quarante ans ose davantage. Elle ose changer de carrière professionnelle, entamer une reconversion ou se lancer dans l’entrepreneuriat. L’infographie sur les femmes dans l’entrepreneuriat de l’Urssaf, précise que l’âge moyen d’une auto-entrepreneuse est de 42 ans, celui d’une travailleuse indépendante est de 49 ans.

Les quadragénaires ont vécues l’essor du digital: l’avènement d’Internet et les premiers pas sur Facebook. Les réseaux sociaux sont partout, ils font partie de nos vies. Ils nous montrent une image souvent idéalisée de la femme et font défiler sous nos yeux des vidéos qui nous enjoignent à rester éternellement jeunes malgré les années.

La quarantaine sur les réseaux sociaux

Aujourd’hui, difficile de ne pas être connectée et de ne pas apparaître sur les réseaux sociaux. La femme de quarante ans est libre d’être qui elle veut, néanmoins les écrans lui revoient constamment l’image de celle qu’elle devrait être. Une femme de quarante ans sur les réseaux sociaux, c’est une femme qui assume son âge, enfin, presque.

Sur TikTok les femmes dans la quarantaine revendiquent leur âge, mais doivent paraître en avoir dix de moins comme l’influenceuse Loukaki. Pour cela, la quadra 2.0 pratique le yoga du visage ou la gym faciale de manière intensive, elle fait appel à la médecine et à la chirurgie esthétique et à défaut ne se montre jamais sans filtre.

Sur Instagram, la femme de quarante ans accepte le poids des années tout en offrant à son audience un corps ferme et musclé digne d’une femme de trente ans. C’est pour cela qu’elle pratique le yoga ou le Pilates de manière intensive ou passe des heures à la salle de sport.

L’injonction de la jeunesse éternelle est omniprésente sur les réseaux sociaux comme dans l’industrie cinématographique, même si certaines voix du cinéma comme Kate Winslet ou Marion Cotillard s’élèvent contre cet impératif.

J’ai l’impression que l’essor des réseaux sociaux a amplifié et diffusé cette importance du physique et de la jeunesse pour construire une société entièrement tournée vers l’image, une société superficielle qui malmène l’image des femmes. Face à de tels diktats, comment accepter pleinement ce visage et ce corps qui vieillit ?

Une femme de quarante ans sous influence

Nous sommes toutes influencées, à n’importe quel âge, la quarantaine ne fait pas exception. Si ce n’est pas par les réseaux sociaux, c’est par nos lectures, nos amis, notre famille, notre milieu professionnels, les films que l’on regarde, notre lieu de vie… L’être humain copie ses congénères, s’y compare, c’est naturel, c’est aussi ce qui nous permet d’évoluer. Les réseaux sociaux ont simplement multiplié les sources d’inspiration. Créons la femme de quarante ans que nous voulons être avec nos influences, sans caricaturer les autres, être juste nous-mêmes.

Mes quarante ans riment avec nostalgie. Les souvenirs heureux de mon enfance refont surface plus souvent qu’avant, l’amour fusionnel et passionné de mes vingt ans me manque et j’ai commencé à m’intéresser un peu plus à mes racines, à la vie de ceux qui m’ont précédé.

Ma quarantaine s’est traduite par une reconversion professionnelle enthousiasmante, mais concrètement peu réussie, même si je continue d’y croire. Se reconvertir, entreprendre, ce sont des aventures passionnantes qui ne sont pas toujours couronnées de succès.

Le passage à la quarantaine s’est aussi accompagné de kilos, de rides et de cheveux blancs. J’accueille ces changements physiques, même si j’avoue que j’aimerais parfois combler cette ride du lion qui me donne un air sévère et remonter ces paupières tombantes qui me dessinent un regard fatigué.

Malgré tout, après quarante ans pour moi, le plus douloureux, n’est pas de voir les années se lire sur mon visage c’est plutôt de voir mes parents vieillir. C’est prendre conscience que s’il me reste encore la moitié de ma vie, le temps passé à leurs côtés s’amenuise et m’est compté.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.